La bataille de Voreppe

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Du 15 au 25 juin 1940, un coup dur pour l’occupant

En mai-juin 1940, après avoir envahi les deux-tiers du territoire français, les avant-gardes allemandes vont tenter de forcer le seuil de Voreppe. Mais elles sont contenues très énergiquement et Voreppe résiste à l’envahisseur : la bataille de Voreppe entre dans l’Histoire et devient le verrou des Alpes

La bataille de Voreppe par G. Boutin

Le 20 juin, le haut commandement allemand communique son intention de faire jonction avec les Italiens à Chambéry et de s’emparer de Grenoble. Une deuxième ligne de résistance française doit donc être créée de toute pièce sur l’Isère. La défense en est confiée au Général Cartier. On décide de tirer profit du rétrécissement naturel de la vallée de l’Isère au niveau, précisément, du seuil de Voreppe.

Une armée improvisée
Le général René Olry Commandant de l’armée des Alpes exclue tout prélèvement d’effectifs et de matériels sur le front des Alpes. Il faut donc récupérer tous les moyens humains disponibles pour renforcer le groupement du général Georges Cartier. On réussit à rassembler une vingtaine de bataillons avec des éléments épars de dépôts (coloniaux, aviateurs, marins…) de réservistes et d’éléments rescapés des combats du Nord-Est. La marine de Toulon fournit des batteries de marine… Une petite armée improvisée d’environ 30 000 hommes est ainsi réunie en une semaine, il faut y rajouter environ 130 canons. Le tout forme un ensemble disparate à valeur militaire incertaine et sans grande cohésion, bien peu capable d’affronter l’assaut d’une armée allemande aguerrie et disposant d’un matériel puissant. Le IIème bataillon du 104e Régiment d’artillerie lourde automobile vient à la rescousse.

Objectif : verrouiller la poche de Grenoble !
Le 22 juin au matin, une colonne de 150 chars de la 3ème Général Georges Marchanddivision de panzers, suivie d’éléments de la 7ème division motorisée tente de forcer le seuil de Voreppe. C’est dans cette situation désespérée que le général Georges Marchand, exploitant au mieux la topographie de la trouée de Voreppe, verrouille la poche de Grenoble.

Par une nuit noire et sous une pluie torrentielle, un groupe de canons lourds tractés, dirigés par le bouillonnant capitaine Charles-Azaïs de Vergeron, parcourt 80 kilomètres tous feux éteints par les routes de montagne en moins de huit heures. À trois heures du matin, le général Marchand retrouve le groupe de Vergeron au pont du Drac.

Le 24 juin, le 16ème corps blindé allemand se déploie devant les troupes françaises bien camouflées. Ignorant la présence des canons français de longue portée, les blindés de la 3ème Panzer se rassemblent et s’apprêtent à forcer la trouée de Voreppe. Durant tout l’après-midi les canons français neutralisent toutes les colonnes de véhicules arrêtés (mitrailleuses, chars, camions), occasionnent des pertes sérieuses et les obligent à faire demi-tour. Ils prennent aussi à partie neuf batteries de mortiers et de canons allemands qui tirent sur Voreppe et Grenoble et leur imposent de cesser les tirs. Ils dispersent les rassemblements de chars et incendient un dépôt de carburant.

La résistance de Voreppe sauve Grenoble de l’occupation
Jusqu’à la tombée de la nuit, l’artillerie reste maîtresse du champ de bataille. Les pertes ont été évaluées à plusieurs centaines de tués côté allemand contre une dizaine côté français (avec malgré tout de nombreux blessés). Elle interdit aux Allemands de briser la résistance de Voreppe avant l’armistice et sauve Grenoble de l’occupation. Dans cette bataille défensive contre le 16ème corps blindé allemand, l’artillerie du 14ème corps d’armée a joué un rôle décisif.

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